Dernière mise à jour le : 23/04/2017
La Restauration d’un Etat Physiologique (1/2)

J’ai beau baser l’essentiel de mes interventions thérapeutiques sur les traitements naturels (sans pour autant rejeter les médicaments allopathiques que je réserve de préférence aux problèmes aigus), je suis malgré tout harcelé par des patients inquiets quant à leurs effets !

«Ils ont lu» ou «on leur a dit»: que la vitamine A est très toxique, que le sélénium est un métal lourd, que l’iode doit être exclu en cas de problèmes thyroïdiens, que le sel nuit gravement à la santé, qu’il n’y rien de plus mauvais que de manger du cholestérol, que la supplémentation en vitamine E et plus globalement en antioxydants augmente la mortalité des inconscients qui les prennent, ou encore que les femmes ménopausées doivent toutes avaler 1,2 g de carbonate de calcium tous les jours. Je vous en passe et des meilleures...

Il n’y a rien qui puisse m’énerver davantage que d’entendre toutes ces niaiseries ! Certes, tous ces dogmes ont un fond de vérité, mais c’est quand même dommage d’affoler les gens au sujet des nutriments alors qu’ils sont encouragés à avaler leur aspirine quotidienne pour prévenir les thromboses et autres infarctus. En réalité, l’aspirine (acide acétylsalicylique) tue 12.000 personnes par an, rien qu’aux Etats-Unis, à la suite d’hémorragies digestives. 

Il faut bien entendu utiliser les nutriments avec précaution : tous – et donc tous ceux cités ci-dessus – entraînent une toxicité en cas d’excès, à l’exception notable du magnésium et du coenzyme Q10. Voilà pourquoi il faut éviter de prendre n’importe quoi, n’importe comment et, idéalement, toute supplémentation significative (tant sur le plan du dosage que sur le plan de la durée) devrait reposer sur une évaluation biologique initiale. Parfois, cependant, l’anamnèse alimentaire peut démontrer le manque d’un élément dans la diète.

En conséquence, je refuse systématiquement de recommander un complément alimentaire dans telle ou telle symptôme ou pathologie. Je ne supporte plus le mot « protocole » car il implique une systématisation alors que je suis convaincu de la nécessité de personnaliser les traitements, certes en fonction des plaintes et de l’alimentation, mais aussi selon des données personnelles via les dosages sanguins et urinaires. Il faut toujours individualiser.

En résumé, je ne conseille pas de supplémenter un quelconque nutriment sans en avoir au préalable vérifié la nécessité. Sous cette condition, la vitamine A n’est pas toxique mais bel et bien bénéfique au système immunitaire (et même à la conception d’un bébé !) si la personne en manque. Bien entendu, il faut toujours utiliser une forme strictement naturelle (huile de foie de poisson) et s’en tenir à un dosage raisonnable (par exemple 4.000 UI).

Le sélénium joue un rôle considérable dans le métabolisme car il entre dans la composition d’un acide aminé appelé séléno-cystéine. Celui-ci fait partie de la chaîne d’acides aminés composant de nombreuses protéines essentielles, en particulier au niveau de la glande thyroïde et de la conversion des prohormones thyroïdiennes T4 en hormones actives T3. Sans sélénium, pas de séléno-cystéine alors que cette dernière entre toujours dans la structure même du site actif de l’enzyme, c’est-à-dire la portion de la protéine impliquée dans la réaction biochimique que l’enzyme a précisément pour rôle de faciliter et donc d’accélérer grandement.

Le sélénium est rigoureusement indispensable à la santé humaine. On voit beaucoup de déficits en Europe Occidentale, surtout depuis l’abandon des céréales américaines beaucoup plus riches en cet oligo-élément qui est même surabondant au Brésil (d’où l’intérêt des noix du Brésil comme source alimentaire en sélénium). On comprend que la supplémentation en sélénium s’avère fréquemment nécessaire mais elle ne peut être recommandée à titre systématique chez tous. Là aussi, nous avons affaire à une courbe en U où les risques pathologiques augmentent en cas d’excès tout comme en cas de déficit... 

 
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