246810 Dernière mise à jour le : : 12/10/2017
L’Hypothyroïdie Trop Souvent Ignorée (9/9)

C’est la bagatelle de 33 diapositives que je consacre au thème des signes et symptômes liés à l’hypothyroïdie chez les femmes (rubrique «Conferences – Functional Hormonology – Thyroid» sur mon site internet www. gmouton.com; téléchargement gratuit). Le sujet est vraiment d’importance car c’est l’ensemble de la vie reproductive féminine qui est en jeu.

Commençons par toutes les anomalies possibles et imaginables du cycle menstruel! Typiquement, les règles seront trop espacées, avec des cycles de plus de 30 jours pouvant durer jusqu’à plusieurs mois. Le dysfonctionnement ovarien (ou hypophysaire, car c’est de l’hypophyse que viennent les instructions) va parfois jusqu’à l’anovulation et il n’y a plus de règles. Il faut aussi évoquer la pléthore de cas de «ménopause précoce» à 42 ou 45 ans, lesquels ne font le plus souvent que révéler une insuffisance thyroïdienne. Celle-ci corrigée à temps, les règles reprennent comme si de rien n’était jusqu’à l’âge habituel de la ménopause, conférant une protection allongée vis- à-vis des pathologies cardiovasculaires.

Ne vous y trompez pas, les cycles peuvent aussi être raccourcis: toujours les symptômes dérapant vers les deux extrêmes... Les hypothyroïdiennes se plaignent souvent de règles trop abondantes (ménorragies) tant en quantité qu’en durée. On observe de nombreux cas de règles trop douloureuses (dysménorrhées) et une fréquence accrue de syndrome prémenstruel typiquement exacerbé chez les patientes hypothyroïdiennes. D’autres causes contribuent aux plaintes survenant avant les règles : outre la baisse de l’activité thyroïdienne, citons les déficits en vitamine B6 (ou pyridoxine), en magnésium, en zinc et en acide dihomo-gamma-linolénique (DGLA), cet acide gras oméga 6 constituant un des deux précurseurs des prostaglandines anti-inflammatoires (avec l’acide gras oméga 3 EPA).

Toutes ces perturbations de la fonction ovarienne ne vont évidemment pas favoriser la fertilité. Cependant, la perte de fertilité – voire l’infertilité dans le pire des cas – résulte de nombreux autres phénomènes liés à l’insuffisance thyroïdienne, notamment le manque de croissance en commençant par les grands besoins en croissance tissulaire consécutifs à l’implantation de l’ovule fécondé sur la paroi utérine, processus également appelé nidation.

Citons aussi le risque de perte fœtale, c’est-à-dire la fausse couche survenant typiquement entre la 6ème semaine et la 10ème semaine de grossesse, lorsque les besoins en hormones thyroïdiennes de la femme enceinte augmentent et ne peuvent être satisfaits par une glande déjà poussée dans ses derniers retranchements. Il existe un risque accru de complications obstétriques ou néonatales, sans oublier la survenue de contractions précoces (voir le blog # 48 relatif aux troubles musculaires) et donc un risque d’accouchement prématuré. 

Des liens ont également été établis entre thyroïdite auto-immune et endométriose ainsi qu’entre thyroïdite auto-immune et syndrome des ovaires polykystiques. En rappelant la problématique de l’hypertension diastolique survenant chez les hypothyroïdiens (blog # 47), on ne s’étonnera pas du risque accru d’hypertension artérielle gravidique. Lorsque celle-ci s’associe à une fuite des protéines dans l’urine, on parlera de pré-éclampsie (pour ne pas évoquer l’éclampsie, maladie beaucoup plus rare mais gravissime pour la mère et l’enfant).

Il faut encore mentionner les effets néfastes potentiels sur le fœtus, outre la notion de quotient intellectuel réduit déjà abordée dans le blog # 51. Il s’agit d’un faible poids à la naissance, pas seulement dû à un éventuel accouchement prématuré mais dû au manque de croissance consécutif à la raréfaction des hormones thyroïdiennes. Enfin, il existe chez la femme venant d’accoucher un risque nettement accru de thyroïdite auto-immune suite au bouleversement immunitaire qu’implique la présence des gènes paternels. Elle touche jusqu’à 5% des femmes et constitue la cause majeure de la dépression du post-partum...

Après tout cela, je n’ose même plus vous parler du lien (pour moi évident) avec le cancer du sein, lequel fait l’objet de publications toujours plus nombreuses: voyez le diaporama! 

 
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